| !! Cette histoire est déconseillée à un public jeune, la plupart des propos pouvant heurter leur sensibilité !! |
18 Juillet 2018
Mon père aimait voyager et découvrir de nouvelles choses et ça, même au péril de sa vie. Des fossiles. Voilà pourquoi on l’avait sauvagement abattu. Des cailloux vieux de trois cent millions d’années. Voilà pourquoi il avait été arraché à sa famille. Plus le temps passait et plus je voyais mon père en Kieran. J’avais de plus en plus peur de le perdre dans ses missions, non sans danger.
Il était parfois blessé, sans gravité, mais blessé quand même, je me demandais alors, quand est-ce qu’il finirait par l’être gravement. Sa dernière mission ne devait durer que quelque temps, trois mois tout au plus. Trois petits mois qui se sont transformés en six longs mois.
Je n’en pouvais plus d’être loin de lui, il me manquait terriblement et j’étais triste pour lui qu’il n’ait pu assister à l’évolution de ma grossesse, même si je prenais soin de lui envoyer des tonnes de photos, ce n’était pas pareil.

Mon troisième trimestre était presque en train de prendre fin et je ressemblais plus à une baleine qu’a une planche de surf. J’étais fatiguée, et n’avais qu’une hâte, qu’il sorte de là ! Heureusement, je pouvais compter sur maman pour m’aider, elle était folle de joie de devenir grand-mère et folle de joie de voir sa fille plus qu’heureuse avec l’homme dont elle avait besoin. Ma mère adorait Kieran, même s’il lui en avait fait voir de toutes les couleurs adolescent, au fond elle savait qu’il était bon et elle avait raison puisque c’était devenu quelqu’un d’extraordinaire.
L’automne était bien entamé et les températures étaient basses. Ça faisait des semaines que Lisa avait repris la boutique pendant mon absence et elle s’en sortait vraiment bien. C’était toujours un souci en moins pour moi.
Kieran doit enfin rentrer aujourd’hui. Je n’ai pas d’heure donc je me contente de tourner en rond comme un lion en cage en attendant qu’il passe la porte, angoissée qu’il ne me trouve plus à son goût.
C’est en fin d’après-midi que j’ai entendu sa moto se garer devant la maison, mon cœur battait la chamade, je me suis levée du canapé avant qu’il n’entre.

Un sac sur l’épaule, un sourire sur les lèvres, il s’est approché en vitesse pour m’embrasser, j’étais surprise, mais tellement heureuse de retrouver sa bouche.
- Seigneur, tu es tellement…
- Énorme ! Dis-le Kieran !
- Non, belle !
Il a posé sa main sur mon ventre, mais le bébé devait être dans sa phase de sommeil, parce qu’il ne bougeait pas. Il a jeté son sac dans un coin de la pièce et je lui ai lancé un regard accusateur.
- Promis je le rangerais tout à l’heure, j’ai trop envie de te serrer dans mes bras !
J’ai souri avant qu’il ne m’emprisonne dans une étreinte. Il était crispé sous mes bras, mais je n’ai rien dit. Il m’a lâché pour aller prendre une douche. Je l’ai suivi, aussi vite que me le permettait mon ventre et je suis allée lui chercher une serviette.

En entrant dans la salle de bain, il était de dos et un bandage recouvrait pratiquement tout son torse, des taches de sang apparentes.
- Grand dieu, c’est quoi ça Kieran ?
- Soléa… qu’est-ce que tu fais là ?
- Je t’apporte une serviette, et je ne savais pas que la salle de bain m’était interdite en ta présence.
- Tu n'aurais pas dû voir ça.
- Quoi tu voulais me cacher tes blessures ? Tu ne crois pas que j'allais m'en apercevoir à un moment ?
- C’est rien de grave, d’accord, je ne voulais juste pas t’inquiéter inutilement.
Je lui ai jeté la serviette à la figure avant de sortir de la salle de bain. Idiot, c’est certain, je ne m’inquiète pas du tout maintenant. Je me demandais parfois s’il réfléchissait un tant soit peu.

Il m’a retrouvé au rez-de-chaussée après sa douche. J’étais vraiment contrariée.
- Chérie, c’est rien de grave, je t’assure, ce sont juste de vieux bandages tachés, c’est en train de se guérir et ça ne saigne plus, je l'ai enlevé.
- Ça m’est égale j’aurais quand même aimé être au courant… j’ai tellement peur de te perdre dans tes missions, j’ai peur que tu ne reviennes jamais, comme mon père…
Je m’étais mise à pleurer, si je le perdais lui aussi, j’en mourrais de chagrin, c’était certain.
- Ne pleure pas, ça n’arrivera pas d’accord.
Kieran m’a prise dans ses bras pour me réconforter, je retrouvais son odeur et sa chaleur tout contre moi. Il fallait que je me ressource.

En plein milieu de la nuit, alors que Kieran ronflait comme un sonneur, moi, je n’arrivais toujours pas à trouver le sommeil, insomnie habituelle. En plus de ça, le bébé avait décidé que c’était apparemment l’heure de sa gymnastique. Les coups que je me prenais dans les côtes sans parler du reste mettaient mes nerfs à rude épreuve. Je me suis levée pour descendre dans le salon, j’en avais plus que marre de me retourner dans tous les sens surtout quand ma moitié dormait comme un ours à côté !
Une série, voilà qui allait m’aider à m’assoupir. Au bout du deuxième épisode, je ne dormais toujours pas et la silhouette de Kieran est apparue dans le noir.
- Qu’est-ce que tu fais dans le salon à cette heure-ci ?
- Je n’arrive pas à dormir et tu ronfles ! C’est insupportable !
Il s’est mis à rire et à venir s’asseoir sur le canapé à côté de moi. Sa main sur mon ventre, c’était nouveau et j’adorais cette sensation, un moment de connexion entre nous. Le bébé ne s’était toujours pas vraiment calmé et continuait de gesticuler. Kieran rigolait, c’était toujours un drôle d’effet au début !

- Effectivement, futur champion de boxe ce petit !!
- Ben, j’aimerais autant qu’il arrête de boxer mes côtes quand même.
Kieran s’est emparé de ma bouche sans préavis, son baiser était gourmand et passionné. Sa main passant légèrement sous ma nuisette, il trouvait sans difficultés mon intimité. Ses doigts allant et venant me rendaient humide.
- Tu as vraiment envie de faire ça Kieran ? Je ne suis plus vraiment très souple, ni très…
- Ni très quoi ? Tu m’excites, ça m’embêterais de me débrouiller tout seul alors que j’ai tout ce qu’il faut à la maison. On va bien trouver une position qui te soit confortable ! Si tu en as envie bien entendu…
Il était parfait, j’ai continué de l’embrasser pour lui montrer que j’en mourrais aussi d’envie. Et j’ai même fini par oublier mon état, me laissant juste guider par le plaisir que me procurer cet homme, mon homme. Après cette séance tardive, le sommeil m’a paru comme une évidence.

/!\ Images bonus - soft ++ /!\
Quand je me suis réveillée, Kieran dormait encore, il était tôt et il devait être épuisé de ses journées. Je suis sortie sans faire de bruit. J’ai pris une bonne douche chaude pour apaiser ce corps qui m’encombrait de jour en jour. Sur la pointe des pieds, j’ai atteint la cuisine pour me servir un petit-déjeuner. Fromage blanc et fraise séchées, un paradis pour mes papilles et j’ai préparé quelque chose de consistant pour mon loup affamé. Et en parlant de loup…
- J’espère que c’est toi qui vas me servir de petit-déj' !
Il m’avait fait sursauter en m’enlaçant, son nez fouillait ma nuque. J’avais oublié à quel point, c’était agréable de l’avoir à mes côtés.
- Encore ? Je suis au regret de t’annoncer que je n’arrivais jamais à tenir la cadence !
- Tu sais que c’est très long tous ces mois…
- Bien, je me demande comment tu faisais avant.
- Crois-moi, tu n’aimerais pas le savoir.

Il marquait un point, je n’avais pas du tout envie de l’imaginer avec d’autres femmes, si je pouvais les appeler ainsi, car mon cerveau avait un tout autre nom.
- Si tu es sage, on verra ce soir !
Il m’a gratifié d’un sourire enjôleur et il a mangé ce que je lui avais préparé. Il a pris presque toute sa journée pour s’occuper des meubles pour la chambre du bébé pendant que je lisais. En fin de journée, après une douche, il était habillé et près à partir.
- Tu t’en vas ?
- Faire un tour à moto !
- À cette heure-ci ? Il fait déjà nuit.
- Je suis un vrai chat, ne t’en fais pas ! Et au retour, c’est toi que j’enfourcherais !

Qu’il était bête ! J’ai rigolé avant qu’il ne m’embrasse. Il passait à peine la porte que je m’époumonais à lui dire « fait attention à toi ». Au bout d’un moment, j’ai regardé l’heure, ça faisait pratiquement deux heures qu’il était parti. Je savais qu’il aimait les longues balades, mais j’avais envie de passer du temps avec lui. La sonnerie de mon portable s’est mise à résonner dans la pièce, c’était un numéro inconnu, j’ai répondu avec une certaine réserve.
- Allô !
- Bonjour madame Jones, ici l’hôpital de Meyras, votre époux, monsieur Jones a été admis aux urgences…
J’étais complètement figée au téléphone, écoutant à moitié, je lui ai juste dit que j’arrivais, je n’avais même pas demandé s’il allait bien, mais au fond de moi, j’avais peur d’avoir la réponse. J’ai essayé d’arrêter de trembler et j’ai pris le volant...