| !! Cette histoire est déconseillée à un public jeune, la plupart des propos pouvant heurter leur sensibilité !! |
12 Avril 2018
- Soléa ! Dépêche-toi, tu vas être en retard !
La nouvelle femme de mon père s’époumone en bas de l’escalier pour faire descendre cette petite niaise au moment où je passe. Je lève les yeux au ciel.
- Pas la peine de gueuler comme ça, elle n’est pas sourde.
Alice me fixe, les yeux brillants, je lui fais peur, et j’adore ça. Je ne la déteste pas, mais je ne l’aime pas non plus.
- Ne parle pas comme ça à ta mère Kieran, me sermonne mon père.
Alice n’est pas et ne sera jamais ma mère, il a du mal à s’enfoncer ça dans le crâne le bougre. Je lui lance un sourire hautement faux. Ils me cassent déjà tous les couilles de bon matin.

- Laisse, Sam, il vient de se lever, il doit être encore grognon.
Cette bonne femme m’étonnera toujours, malgré mon comportement, elle cherche toujours à me sauver la peau du cul, mais je ne lui ai rien demandé et je ne suis pas grognon.
Enfin, la petite reine de la maison descend de sa chambre, elle a les yeux bouffis, je suis certain qu’elle a encore chialé, cette fille est une chialeuse.
Elle embrasse sa mère et mon père et du coin de mon œil, je vois qu’elle est en train de me fixer, quand je relève la tête elle détourne vivement le regard et j’aime mieux ça.
- Kieran, tu déposeras ta sœur au lycée !
- Encore ?
- Ne discute pas, fils.

Je souffle, cette fille aura ma peau, je lui lance un regard noir, je la déteste, je déteste sa mère et je déteste mon père.
- Bouge-toi, je pars dans cinq minutes.
Soléa se contente de hocher doucement la tête en plantant son regard dans son bol de céréales, cachée derrière sa longue masse de cheveux blonds.
Je pose mes affaires sales dans le lave-vaisselle et je me penche sur l’îlot à côté de la gamine.
- Je m’en vais, si tu n’es pas dans la voiture, tu feras le chemin à pieds.
Elle me lance un regard qui veut dire qu’elle a compris, mais ne décroche pas un mot pour autant. Le chat à bouffé sa langue ce matin ou quoi ?

J’attrape mes clés et mon sac à dos pendant que Soléa court dans ma direction. Elle me rentre dedans, je me retourne, des fois, je l’attraperais, et je lui mettrais bien des claques à cette petite empotée.
Paré de mon plus beau regard noir, je la fixe comme si j’allais l’étrangler et sa petite bouche laisse enfin sortir un miaulement étouffé.
- Pardon.