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Les secrets de la maison bleue

| !! Cette histoire est déconseillée à un public jeune, la plupart des propos pouvant heurter leur sensibilité !! |

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Chapitre 2


Arrivée en bas, on sonnait justement à la porte. Le fleuriste et le prête s’étaient donnés rendez-vous à la même heure, voilà qui arrangeait mes affaires, je pourrais vite retrouver mon lit et mon homme. 

Tout cela m’a quand même pris une bonne heure et demi, je ne pensais pas que ce serait si long, ils m’avaient totalement lessivés, un verre d’eau et je pourrais rejoindre Irvin. L’escalier qui grinçait à chaque pas m’a fait lever les yeux.

- Déjà debout ?

- Comme tu vois.

Je n’ai rien ajouté de plus et je suis allée chercher mon eau. Je posais mon verre dans l’évier, Kieran se servait dans le frigo.

- J’ai une petite faim maintenant ! 

- Fais comme chez toi ! Je vais me coucher ! 

- Si tu as besoin que je te borde, fais-moi signe, petite sœur !

- Certainement pas ! 

Chapitre 2

Il a rigolé d’un rire gras. J’ai levé les yeux au ciel pour la énième fois. Némésis sur mes talons, et j’ai rejoint ma chambre. Je me suis glissée près d’Irvin et il s’est réveillé.

- Désolée, je ne voulais pas te réveiller.

- Ce n’est pas grave, tu en as mis du temps, bella. 

- Il y avait le fleuriste et le prête, ça m’a pris du temps, j’ai envoyé ma mère se reposer. Puis Kieran est arrivé aussi… ma mère pensait qu’il ne viendrait pas, j’ai dû m’occuper de faire sa chambre.

- Vraiment ? Il a quel âge déjà ? 

- Il est fatigué et vient de perdre son père, Irvin… 

Il n’était pas en train de me faire une crise de jalousie ? C’était mal venu de sa part. 

- Tu as raison, excuse-moi, je suis fatigué, tu me connais !

Chapitre 2

Je l’ai embrassé, ses lèvres étaient dominatrices comme s’il essayait de me rappeler que j’étais à lui, cela m’a paru étrange, puis je me suis retournée pour dormir. Les bras d’Irvin autour de moi. 

Ce sont les grognements de Némésis qui nous ont réveillés. Il était presque dix-neuf heures, nous sommes sortis et la chienne est partie en courant dans la cuisine. Encore ensommeillée, je l’ai suivi, Irvin se levait tout juste. Ma mère et Kieran étaient assis autour d’une tasse de café, j’allais les rejoindre quand mon compagnon m’a retenu en embrassant mon cou, je me suis raidie, j’étais complètement gênée, qu’il fasse ça devant ma mère et aussi devant Kieran. Puis il s’est approché de ce dernier pour lui serrer la main, le regard de Kieran semblait noir.

- Je te présente Irvin, je ne sais pas si tu te souviens de lui, il était gothique au lycée !

- Je m’en rappelle. 

Chapitre 2

Il s’est levé et a jeté son café dans l’évier avant de quitter la cuisine comme s’il avait le feu au cul. Je sentais que ça allait être compliqué cette cohabitation de quelques jours. J’ai sorti du frigo des plats qui avaient généreusement était fait par les amis de nos parents, même si je n’avais pas très faim et que ma mère non plus, il fallait que l’on reprenne des forces. 

Irvin est parti se coucher avant nous, j’ai envoyé ma mère au lit peu de temps après et moi, je savais que je n’arriverais pas à trouver le sommeil tout de suite alors je suis restée dans le salon, j’ai allumé la télé. J’étais sûre que Kieran allait descendre avant même de le voir dans le salon, Némésis était un vrai détecteur.

- Tu ne dors pas ? 

- Toi non plus ! Il y a des restes au frigo si tu as faim.

- Merci maman !

Il est revenu de la cuisine avec une assiette et s’est assis à côté de moi. Je ne savais pas quoi lui dire, ça faisait dix ans qu’il avait disparu de l'univers et de cette famille, pourtant j’aurais tant voulu savoir ce qu’il avait fait, ce qu’il avait traversé, cela devait être passionnant pour m’avoir abandonné lâchement. Une pointe de colère m’a envahi, je me suis levée et j’ai regagné ma chambre sans un mot de plus pour lui. 

J’étais la première debout, c’était aujourd’hui qu’on lui ferait nos derniers adieu. Pendant que Némésis était dehors à profiter du jardin, je me suis mise en tête de faire le café pour tout le monde, nous en aurions bien besoin. 

- Salut !

Chapitre 2

J’ai sursauté, renversant de l’eau partout, le traître était derrière moi, vêtu d’un simple et unique caleçon. Mon palpitant faisait des siennes, je ne savais plus si c’était la peur qu’il m’avait instauré ou simplement la peur de me retrouver si près de lui.

- Bon sang Kieran, j’ai failli faire une attaque. Et tu ne peux pas t’habiller, tu n’es pas tout seul ici.

- Qui ça va emmerder que je me balade en calbut chez moi ? Ton petit-ami ou toi ?

Dans un élan de fureur, je lui ai balancé le reste d’eau au visage avant de sortir de cette cuisine.

- Au moins tu as toujours du caractère !

- Va te faire foutre.

Une bonne douche et ça irait mieux, sous le jet d’eau, les yeux fermés, j’essayé de m’évader d’ici, mais les seules images que mon esprit tordu m’autorisait à voir, c’était Kieran en caleçon devant moi. Et le scénario suivant était fourni avec. Je le voyais m’embrasser impétueusement, m’attraper pour me poser sur le plan de travail et parcourir tout mon corps avec sa langue. J’ai vite ouvert les yeux et je me suis habillée. 

La cérémonie s’est passée dans les larmes et le désespoir. Il ne restait plus que nous trois devant le cercueil de Samuel, je voulais passer ma main dans celle de Kieran, mais j’avais trop peur, pourtant, je voulais être là pour lui, je savais que trop bien la douleur que c’était que d’enterrer son père, alors j’ai consolé ma mère. 

Chapitre 2

Irvin nous attendait à la maison, je me suis installée à ses côtés sur le canapé et Kieran et ma mère sont allés en direction de la cuisine. On pouvait les entendre parler.

- Demain matin je serais partie avant l’aube Alice.

- Déjà ? Mais tu viens à peine d’arriver.

- Je sais… mais j’ai des choses à faire. 

- Comme tu veux mon grand.  

Ma mère se retrouverait toute seule, ça me fendait le cœur, je ne pouvais pas la laisser, pas dans cet état en tout cas.

- Tu as entendu, Kieran part demain matin, je ne peux pas laisser ma mère.

- Tu veux que je rentre sans toi ?

- Une petite semaine, tu survivras non ? 

- Et ta boutique ? 

- Lisa s’en sortira très bien toute seule… 

- Comme tu veux chérie. 

Chapitre 2

Je lui souriais avant de l’embrasser. Irvin pouvait être si compréhensif, après des années à avoir été simplement mon ami, un jour, j’ai décidé de sauter le pas. Cela ne faisait qu’un an et demi que nous étions ensemble, mais ça roulait, il était gentil et attentionné, tout ce dont j’avais besoin, ni plus, ni moins.

Le lendemain matin, Irvin m’a embrassé avant de partir, me faisant promettre de l’appeler tous les soirs. Je n’arrivais plus à dormir alors je me suis levée. La pluie faisait toujours rage dehors, ce temps me provoquait un léger frisson. La maison était déserte et je me sentais moins stressé de savoir Kieran de nouveau loin de moi. Némésis, toujours collée à mes baskets, commençait à grogner, le regard perdu dehors, et seule, je lui parlais.

- Tu peux arrêter ça Ném’, le grand méchant loup a quitté la forêt ce matin, on ne le reverra probablement jamais plus.

Elle a arrêté de grogner, comme si elle avait compris ce que je disais puis elle s’est recouchée. Deux bras ont entouré mon corps, m’enveloppant d’une douce chaleur agréable et sa voix grave chuchotait à mon oreille.

- Fais attention à toi, petit chaperon rouge, car il semblerait que le grand méchant loup soit toujours dans la forêt et qu’en plus de ça, il soit affamé.

Chapitre 2

Il a relâché son étreinte, une phrase et il m’avait complètement transporté ailleurs, j’étais de nouveau la petite Soléa de dix-sept ans et demi, assurément sous le charme de son demi-frère.

- Charmant est rentré au palais ?

- Et toi qu’est-ce que tu fais là ? Tu ne devais pas partir ?

- Finalement, non. Et je me suis dit que je pouvais rester ici quelques jours. 

- Bien, alors reste loin de moi Kieran.

Je l’ai poussé pour sortir de ce traquenard et me réfugier dans ma chambre. Je sentais mes jambes trembler, mon cœur s’affoler et mon entre-jambe papillonner. Je n’avais pas besoin de ça au tableau, j’étais une fille rangée maintenant. Kieran n’avait pas le droit de faire de moi un objet quelconque qu’il pouvait manipuler à sa guise. Je l’entendais encore du salon me répondre.

- Mais certainement, mon soleil. 

Quel petit connard il faisait. 


 

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